Historique

« Il a été constitué à Choëx, en janvier mil-neuf-cent-dix, une Société de Chant sous le nom de : « Echo du Coteau », sa devis est : Fraternité et dévouement »

 

C’est en ces termes que Clovis Descartes rédigea, dans le livre de bord de la société, l’acte de baptême de la chorale choëlande. Sur la même page sont libellés les premiers statuts, dont voici quelques extraits :

 

Art. 1   La société a pour but de cultiver et de développer le goût du chant et d’établir des liens de fraternité entre les membres.

 

Art.15  Chaque membre actif doit chanter la partie que le directeur lui assigne.

 

Art.16  La Société n’a aucun but politique par conséquent il est formellement interdit d’en discuter.

 

Art.18  Au décès d’un membre actif, la Société chante la messe à ses frais le jour  de l’ensevelissement.

 

Art.20  La Société peut exclure de son sein tout membre qui aurait manqué sans excuses légitimes à cinq répétitions consécutives, et qui, après un avertissement du Comité, continuerait à ne pas fréquenter assidûment les réunions. L’exclusion peut également être prononcée contre tout membre qui refuserait de se conformer aux décisions de la Société – ou qui deviendrait un sujet de trouble ou de déshonneur.

 

Art.24  Etant donné que la Société consacre la majeure partie de ses répétitions pour le chœur de l’Eglise de Choëx, le conseil de Fabrique lui procure la musique nécessaire pour les circonstances.

 

Mais comment est-elle née cette Société de chant du Coteau de Choëx, et par quel miracle a-t-elle pu survivre à deux guerres et réaliser, à l’age de 55 ans, sa métamorphose en chœur mixte fort de 21 voix masculines et 17 féminines ?

On se souvient que, dans les premières années du siècle passé, une petite confrérie d’hommes descendait fréquemment à Monthey pour aller apprendre à chanter chez M. Octave Donnet, et ceci afin d’être à même d’animer la messe dominicale.

Il y avait là Jean Raboud, père de Théophile et de Lucien, Camille Pellaud le Régent, Adrien Marclay, père d’Adrien et de Jules, et probablement encore d’autres propriétaires terriens du Coteau. Le café Berra leur servait de point de ralliement et il n’était pas rare de les y entrendre donner concert.

C’est dans ce même café Berra, qu’un dimanche après-midi, ces passionnés d’art vocal ont décidé de fonder une chorale, glissant chacun 5 francs dans ce qui sera la caisse de la Société.

Nos braves compagnons s’attachent à recruter des voix et continuent de faire à pied le trajet de Monthey pour se perfectionner. Malheureusement, ils négligent de protocoler leurs réunions, tant et si bien que l’on sait aujourd’hui fort peu de choses sur les sept premières années de vie de la Société. Les renseignements précis démarrent avec l’année 1918, date à laquelle il est décidé de remplir régulièrement le livre de bord.

Le comité se compose alors de MM. Clovis Descartes, président, Maurice Berra, secrétaire-caissier et Eugène Devanthey, directeur.

Cette année 1918 s’avère particulièrement tumultueuse pour l’Echo du Coteau. Le directeur étant appelé sous les drapeaux, Jules Raboud le remplacera au pied levé. Le 24 juin, les répétitions doivent être suspendues en raison de la mobilisation. Celle-ci fera perdre à la Société un de ses membres appréciés, M. Jean Gay. Les répétitions pourront toutefois reprendre avec l’automne.

Faire partie de l’Echo du Coteau, à cette époque, ne signifie pas seulement chanter la messe, mais aussi se divertir en faisant à pied le tour du Coteau, en se produisant dans les cafés, avant de terminer la fête chez l’un ou l’autre sociétaire. C’est aussi participer au banquet annuel offert par le Rd curé de la paroisse en témoignage de reconnaissance pour les services rendus à l’Eglise.

En cette période de guerre, les soucis financiers ont été source de préoccupations pour les chanteurs. Avec une cotisation annuelle de 3 francs par membre et 2,50 francs de fortune en caisse, comment l’Echo du Coteau allait-il pouvoir remplacer le vieil harmonium essoufflé qui réclamait à grands grincements sa retraite ? l’idée est alors lancée d’organiser le 30 mars 1919, un premier loto au café Berra, ainsi qu’un bal avec tombola à la maison d’école, le tout précédé d’un concert. A la veille de cet important rendez-vous, une vilaine épidémie de grippe court sur le Coteau et la manifestation doit malheureusement être reportée.

Comme une bénédiction divine, la fabrique de l’Eglise vole au secours de la Société, mettant à sa disposition un harmonium tout neuf.

A la fin de cette année 1919, une assemblée extraordinaire est convoquée. Motif ? le relâchement et l’indiscipline des jeunes sociétaires. Et dire que l’on ne cesse de glorifier la jeunesse d’autrefois ! L’ordre est cependant vite rétabli au sein de l’Echo du Coteau et les petits problèmes se sont dissipés comme brume au soleil, lorsqu’il s’est agi de préparer pour les fêtes de fin d’année la célèbre messe à quatre voix de Siegenberger.

Un autre incident est venu mettre un peu de sel dans la vie de la chorale. Une petite dissension avait opposé le Conseil de fabrique au directeur de la chorale qui exigeait de la paroisse une indemnisation annuelle de 200 francs. L’indemnité allouée étant très inférieure, le directeur avait alors catégoriquement refusé de diriger à l’avenir le chant d’Eglise. Une élection à bulletin secret avait fait suite à cette affaire et un nouveau directeur avait été nommé en la personne de Maurice Berra.

Et les promenades, ces fameuses sorties qui prenaient allure d’expéditions ! L’Echo du Coteau avait pris l’habitude de les organiser en « auto-camion », faisant pleinement confiance aux qualités du chauffeur M. Stroubhardt. Si l’aller se faisait d’une traite au petit matin, le retour prenait plus de temps. De nombreux arrêts étaient prévus pour découvrir le pays, déguster les spécialités vinicoles régionales et donner aubade dans les établissements publics. Le petit vin frais était partout meilleur qu’ailleurs, l’accueil chaleureux et c’est souvent bien à regret que l’on reprenait la route. Les petits écarts de discipline n’étaient pas rares non plus. Il y a eu ainsi la sortie de Sierre, celle de Champéry, l’invitation à la bénédiction du drapeau de la chorale de Massongex en avril 1921, la promenade à Montreux…

Le 4 mai 1924, l’Echo du Coteau est convié à la fête du 14ème Centenaire de Saint Sigismond, à Saint-Maurice. 400 chanteurs y prennent part. La fête est magnifique, émouvante, c’est le grand frisson. Pour le repas de midi, un pique-nique est organisé sous les marronniers de Lavey. Au retour, les chanteurs choëlands ratent le train à Saint-Maurice. L’affaire est loin d’être prise au tragique et le retour se fera à pied, non sans toutefois avoir pris auparavant quelque ravitaillement à l’Ecu du Valais. Nos sociétaires arrivent à Choëx à l’heure de la prière. Le chemin passe par l’église et la cure, où le Rd curé leur offre un bon verre de Fendant, avant de les inviter à prendre part à l’office religieux. Ils chanteront encore quelques cantiques, la voix un peu fatiguée…

 

 

 

 

 
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